Les meilleurs bars cachés de Montréal
Portes anonymes, cabines téléphoniques et arrière-boutiques : notre sélection des meilleurs speakeasy de Montréal et comment y entrer.
Montréal figure régulièrement dans les classements des meilleurs bars d'Amérique du Nord, et ce n'est pas un hasard. La ville compte une génération de barmans qui traitent le cocktail comme une cuisine : infusions maison, clarifications, sirops de saison et cartes qui changent avec le calendrier.
De la Petite-Bourgogne au Plateau, voici les bars où l'on boit vraiment bien. Chaque adresse est décrite pour vous aider à choisir selon l'occasion : premier rendez-vous, soirée entre amis ou dernier verre après le spectacle.
Atwater Cocktail Club se cache au fond d'une ruelle couverte de graffitis, derrière le Foiegwa, sans enseigne. Une lumière rouge au-dessus d'une porte noire, c'est tout le signal.
Derrière, une salle sombre à banquettes argentées et plafond de miroirs, où le programme de Kate Boushel travaille sirops maison, fermentations et spiritueux choisis un à un. Le 40 Thieves, seigle canadien, citron, ananas et tahini, résume l'esprit de la carte. La cuisine du Foiegwa passe par la même porte, pour les fringales de fin de soirée. Aucune réservation, aucune guestlist : on fait la file, ou on arrive tôt.
Niché au neuvième étage du Centre Eaton, Le French Line est le bar à cocktails du complexe Le 9ᵉ, l'un des rares intérieurs Art déco de cette ampleur en Amérique du Nord, « momifié » pendant vingt-cinq ans après la faillite d'Eaton en 1999, puis méticuleusement restauré par la firme EVOQ Architecture avant une réouverture en mai 2024.
Chaque adresse de cette page vient de la base de lieux UGO : des fiches rédigées par notre équipe, vérifiées sur place ou auprès de l’établissement, et mises à jour quand un lieu change de main ou de carte. Les choix UGO, nos coups de cœur, ouvrent le classement. Aucune place n’est achetée.
Le Plateau, la Petite-Bourgogne et le Vieux-Montréal concentrent les bars les plus reconnus, mais Villeray et Rosemont ont vu naître d'excellents comptoirs de quartier.
Comptez entre 15 $ et 22 $ pour un cocktail signature, taxes et pourboire en sus.
Plusieurs bars acceptent les réservations, surtout pour les groupes ; d'autres fonctionnent au premier arrivé. La fiche de chaque lieu précise le fonctionnement.
Pour une soirée plus confidentielle, nos meilleurs speakeasy de Montréal se cachent derrière quelques portes anonymes.
UGO IA combine ces adresses avec vos envies, l’heure et la météo pour composer votre sortie.
La signature du lieu remonte à 1931. Lady Flora Eaton, passagère du voyage inaugural du paquebot S.S. Île-de-France en 1927, commande à l'architecte français Jacques Carlu, futur auteur du Palais de Chaillot à Paris, de recréer la salle à manger de première classe du navire au sommet du grand magasin montréalais. Le French Line occupe précisément le long couloir adjacent à la Grande Salle : plancher en chevrons d'origine restauré à l'identique, marbre poli, fresques verticales signées Natacha Carlu, luminaires et mobilier d'époque classés au patrimoine culturel du Québec depuis 2000.
La carte est signée Andrew Whibley (Cloakroom, Dominion), qui puise dans les livres de recettes des années 1930 pour faire dialoguer ananas, prune, eaux-de-vie et spiritueux français : une ligne sobre et historiquement informée, à rebours des tendances actuelles.
Ouvert du mercredi au vendredi en soirée, c'est une halte courte mais rare : un verre dans une capsule temporelle classée, avec vue sur la rue Sainte-Catherine depuis les grandes baies du foyer, au sein du groupe d'entrepreneurs qui comprend Jeff Baikowitz (Joe Beef), Marco Gucciardi (Bar George, Milos) et Andy Nulman (Juste pour rire).
Inauguré le 24 mars 2025 au rez-de-chaussée du Sofitel Montréal Le Carré Doré, rue Sherbrooke Ouest entre Peel et Drummond, le NINI est le nouveau salon à cocktails annexé au restaurant gastronomique RENOIR (deux Toques au Gault & Millau), après une rénovation d'un an de l'hôtel cinq étoiles. Le nom rend hommage à Nini Lopez, modèle préféré de Pierre-Auguste Renoir dans les années 1870 qui apparaît dans au moins quatorze toiles du maître impressionniste.
Le décor, signé par la firme torontoise 2pir Design, articule l'espace sur deux étages autour d'un bar central en rose-gold éclatant, puisant dans la palette impressionniste du peintre (bleus, dorés, verts), accents feutrés, banquettes en arcs de cercle formant des cocons pour trois, courbes partout pour adoucir la rigueur hôtelière.
La carte, élaborée avec le chef exécutif bourguignon Olivier Perret, joue le pont France-Québec : Le Baiser de NINI au gin Bold et framboise, le Clair de Lune au Pineau des Charentes et prosecco, un Sirocco Old Fashion au Baril Caché, le Césaire's Last Word au rhum agricole Trois-Rivières du Québec.
En cuisine, pâté en croûte de canard et ris de veau (celui du sous-chef Félix Duquet, sacré champion des Amériques), tartare de saumon, burger Angus et frites truffe-parmesan, herbes et fleurs de la ferme urbaine Locavore de Griffintown. Programmation musicale trois soirs par semaine (duo jazz, DJ, covers) et brunch le weekend. Un écrin luxueux pour l'apéro, le post-Bell Centre ou le nightcap.
Ouvert le 1er mai 2017 sur la Plaza Saint-Hubert, à l'étage, juste au-dessus du futur Spaghetti Western (même maison, même bâtiment), Snowbird Tiki Bar est le premier vrai bar tiki moderne de Montréal. Anthoni Jodoin (Taverne Cobra, Brutus) et son associé Manny Vides Jr y ont voulu « amener le côté très kitsch du Jardin Tiki, mais en le mariant à une signature plus moderne ».
L'entrée passe presque inaperçue sur le trottoir, une petite porte en toit de chaume palmier qu'il faut savoir chercher, mais on monte l'escalier et on bascule : murs en pierre et brique, peints en vert jungle, lanternes flottantes, flamingos en fibre, statues tiki et objets vintage chinés par Jodoin au Kon Tiki défunt et dans les brocantes. Le personnel porte la chemise hawaïenne et le style années 1950 qui va avec.
Les cocktails tirent fort sur le rhum, à base de sirops maison (orgeat, grenadine, tonique) et de jus frais pressés : Mai Tai, Painkiller, Hurricane, Scorpion, Cobra's Fang, Jungle Fever, Saturn. Sur le menu, la force de chaque drink est indiquée par un nombre d'oiseaux (de 2 à 4). Simple, honnête, efficace. La cuisine, signée à l'origine par le chef Stéphane Pilon (Laurie Raphaël, Pied de Cochon), revisite des classiques polynésiens : frites de taro, pu-pus d'inspiration indonésienne.
L'ambiance bascule nettement du jour à la nuit ; ouvert jusqu'à 3 h du matin toute la semaine, une arrière-salle ouvre les soirs où ça déborde. Chemise hawaïenne optionnelle, mais fortement suggérée.
Au 436 rue Saint-François-Xavier, dans le sous-sol commun du restaurant Venice et du bar Boho (lui-même déjà planqué), le Clandestino pousse la logique du bar caché à sa conclusion : un speakeasy dans un speakeasy.
On y descend en passant derrière un tableau, on signale son arrivée au portier, et on débouche dans une salle baroque d'une trentaine de places conçue par Charles, copropriétaire du Venice, qui a voulu un clin d'œil assumé aux bars de la Prohibition : tapis épais, fauteuils enveloppants, antiquités, matériaux riches, éclairage rouge en contrepoint du lambris sombre.
La mission est précise et elle est unique à Montréal : offrir l'une des plus vastes sélections de tequila et mezcal au Canada, plus de cent bouteilles, presque toutes en importation privée, qu'on déguste soit pures, soit en flights accompagnés de sels d'agrumes et de criquets, soit dans les cocktails d'une mixologie poussée (la margarita épicée est devenue légendaire, la coladita au horchata-curry partage l'affiche).
DJ invités en soirée, pas de réservation, ouvert du lundi au samedi de 17 h jusqu'à tard. Un repaire précis pour amateurs d'agave qui savent ce qu'ils sont venus chercher, et une belle claque pour ceux qui n'y connaissaient rien.
Dissimulé dans le sous-sol du restaurant Tiradito en plein cœur du quartier des affaires, le Club Pelicano est un bar caché d'un genre unique à Montréal. Derrière le projet : David Dumay, David Schmidt (Bar Kabinet, Mal Nécessaire), Sébastien Jacques et Marcel Larrea du Tiradito.
Leur inspiration principale est la légendaire Piscine Molitor à Paris, une piscine Art déco des années 30-40 reconvertie en lieu de fête. Le décor pastel, le carrelage numéroté sur les murs et les caricatures de panneaux de bains publics plongent immédiatement les visiteurs dans cet univers balnéaire et méditerranéen.
La carte des cocktails, conçue par Alexandre Beaudin et Dimitry Saint Louis, célèbre les souvenirs de voyages des propriétaires : vermouth, sherry, vins fortifiés et saveurs fruitées, dont le cocktail signature Nuñua Sour, dérivé d'un pisco sour chilien. Les vins natures sont sélectionnés par Sébastien Jacques et la sommelière Emmanuelle Tallier.
Au menu, des tapas méditerranéens de luxe : olives frites, bison, pieuvre, bao buns. Chaque jeudi, vendredi et samedi, des DJs locaux animent des soirées afro et Italian-disco.
Niché derrière l'imposante porte dorée du restaurant Hà dans le Vieux-Montréal, le Nhậu Bar est l'un des bars cachés les plus envoûtants de la ville depuis son ouverture le 12 janvier 2017. Imaginé par Nicolas Urli, Francisco Randez, Ross Louangsignotha et Flore-Anne Ducharme (les mêmes propriétaires que le Hà) et décoré par la talentueuse designer Amlyne Phillips, l'espace d'une cinquantaine de places transporte ses visiteurs dans un univers de voyage : une centaine de lanternes suspendues, des tapis et tissus d'Asie, une lumière tamisée et un long bar central.
La carte des cocktails sophistiqués est signée par le mixologue Tao Zrafi, avec des créations entre 14 $ et 32 $ (pour deux). En cuisine, le chef Ross Louangsignotha propose les signatures adorées du Hà, buns vietnamiens, ailes de poulet, rouleaux impériaux, brocolis frits, agrémentées de petits snacks changeants.
Des DJs résidents (Abeille, Laurence Matte, Philip Cabana et autres) animent les soirées jusqu'aux petites heures du matin.