
La Pointe : ouvrière, irlandaise, solidaire
Coincée entre le canal de Lachine et les voies ferrées, la Pointe garde une géographie d’île : on y entre par quelques ponts et passages, et une fois dedans, on est ailleurs. Rangées de maisons ouvrières en brique, jardins collectifs, drapeaux irlandais aux fenêtres en mars. C’est un quartier qui se défend, s’organise et se serre les coudes depuis cent cinquante ans — et ça se sent encore.
Tout commence pourtant à la campagne : la maison Saint-Gabriel, ferme acquise par Marguerite Bourgeoys en 1668, accueillait les filles du Roy à leur arrivée. Le canal et le chemin de fer transforment ensuite la Pointe en ruche industrielle, peuplée d’ouvriers irlandais et canadiens-français des ateliers du Grand Tronc. De cette histoire dure est née une tradition d’action communautaire qui a essaimé bien au-delà du quartier, jusque dans le réseau de santé québécois.