Descendre Saint-Laurent, de la Petite-Italie au Mile End
Un kilomètre et demi de boulevard Saint-Laurent sépare le marché Jean-Talon de la rue Saint-Viateur, et ce court tronçon raconte un siècle d'immigration montréalaise mieux que n'importe quelle plaque. On part des cafés de la Petite-Italie, où les habitués prennent encore l'espresso debout au comptoir, on passe devant les épiceries qui tranchent la mortadelle à la commande, et on pousse d'une rue vers l'est pour voir la fresque de la Madonna della Difesa, la plus discutée de la ville. Puis la voie ferrée coupe le boulevard : les vitrines se raréfient, les triplex prennent le dessus, et le Mile End commence sans prévenir, quelque part avant Bernard. Vingt minutes de marche en pente douce, aucun détour à calculer — la rue fait tout le travail. Le truc d'initié : partir avant midi, quand les cafés italiens tournent au ralenti et qu'on peut encore s'asseoir sans jouer des coudes.
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