Brunch dominical sur le Plateau
Le dimanche matin, le Plateau ne se lève pas : il émerge, lentement, et converge vers ses comptoirs à brunch. Le rituel a ses règles tacites : on accepte la file sur le trottoir comme un sas de décompression, on commande trop (œufs bénédictine, pain doré, mimosa, un café filtre qu'on fera remplir trois fois) et on s'installe pour longtemps. Autour, les tablées refont leur samedi soir, les enfants dessinent sur les napperons, et personne ne regarde l'heure avant 14 h. C'est moins un repas qu'une institution sociale : le moment où le quartier tout entier se retrouve en pyjama amélioré. Le truc d'initié : viser 10 h pile à l'ouverture ou après 13 h 30 ; entre les deux, la file appartient aux optimistes.
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