aval n'est pas une banlieue de Montréal : c'est une île. L'île Jésus, 247 km² coincés entre la rivière des Prairies et la rivière des Mille Îles, concédée aux Jésuites en 1636 — d'où son nom — et restée rurale jusqu'à ce que l'après-guerre y déverse les familles montréalaises. En 1965, Québec fusionne d'un trait quatorze municipalités qui n'avaient à peu près rien en commun : Laval naît troisième ville du Québec sans avoir jamais eu de centre-ville.
Ça s'entend encore dans la géographie. Chomedey et ses tables grecques, arméniennes et libanaises. Le vieux village de Sainte-Rose et ses maisons de pierre au bord de l'eau. Sainte-Dorothée et ses serres, capitale horticole du Québec. Saint-Vincent-de-Paul et son ancien pénitencier. Six secteurs, quatorze quartiers, autant d'accents : près du tiers des Lavallois sont nés à l'étranger.
Depuis 2007, trois stations de métro mettent le centre-ville de Montréal à vingt minutes, et le quartier qui a poussé autour de Montmorency — la Place Bell où jouent le Rocket et la Victoire de Montréal, Espace Montmorency, le collège — finit par ressembler au centre-ville que la ville n'avait pas.
Le reste tient à l'eau et au vert : 100 km de berges, le parc de la Rivière-des-Mille-Îles et ses canots entre les îles, le Centre de la nature aménagé dans une ancienne carrière, le Cosmodôme pour les enfants qui veulent être astronautes, et les kiosques des Saveurs de Laval en août, quand le maïs sort des champs à dix minutes du métro.


