
Le berceau du jazz montréalais
Entre le canal de Lachine et la rue Notre-Dame, la Petite-Bourgogne avance à son propre tempo. Les condos neufs côtoient les HLM, le marché Atwater ferme l’horizon à l’ouest, et une mémoire musicale flotte encore sur les rues tranquilles. C’est un quartier de contrastes assumés, où l’histoire de la communauté noire montréalaise affleure à chaque coin de rue pour qui sait la lire.
Au tournant du XXe siècle, les porteurs de wagons-lits — l’un des rares emplois ouverts aux hommes noirs — s’installent près des gares, et la Petite-Bourgogne devient le cœur de la communauté noire anglophone de Montréal. Dans ses clubs, le jazz bat toute la nuit ; Oscar Peterson et Oliver Jones y grandissent à quelques rues l’un de l’autre. Les démolitions massives des années 1960 et 1970 déchirent ensuite le tissu du quartier, dont la mémoire se transmet aujourd’hui par les églises, les parcs et les noms de rues.