Traverser le quartier chinois
Quatre paifangs, six rues, et la bascule la plus nette de Montréal : on entre par la porte de la rue de la Gauchetière en sortant du Vieux-Montréal et le registre change d'un coup — pierre grise remplacée par les enseignes rouges, le tofu frais, les pâtisseries aux haricots rouges et les comptoirs à bánh mì. Le quartier est petit, dense et sous pression immobilière constante ; les commerces familiaux qui tiennent depuis les années 1980 y ont une valeur documentaire. Vingt minutes suffisent à le traverser, une heure à le comprendre. C'est aussi le pied du boulevard Saint-Laurent : à partir d'ici, la Main monte vers le nord et ne s'arrête plus.
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